La fanfare Fenlair

La fanfare Fenlair

Ce commentaire, très circonstancié mérite d’être mis en avant. Il émane d’un musicien amateur membre de la fanfare Fenlair : Laurent Brun. Il a été publié à l’origine le 14 novembre 2016 dans les commentaires de la page « Pétition« 

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La fanfare Fenlair, c’est un des nombreux projets, rejetons, du festival « à Vaulx Jazz ». Sans doute un des plus beaux car il porte en lui ce désir, que vive la musique dans les quartiers de la ville, au cœur des habitants, que ce jazz si souvent exalté soit donné et transmis à tout le monde et pas seulement à ceux qui se déplacent au théâtre. En cela c’est une réussite. La fanfare Fenlair, c’est le fruit d’une rencontre improbable entre Vaudais et non Vaudais, dans un plaisir partagé de faire de la musique, sans égo, et de la redistribuer dans les quartiers (en jouant pour les fêtes). C’est une vraie joie de travailler ensemble, avec l’envie de se connaître, et de partager des moments de convivialité.

La fanfare Fenlair est sans doute le meilleur exemple de ce que peut produire des politiques publiques en terme de culture, quand elle souhaite rendre accessible la culture pour tous, c’est-à-dire (soyons précis) de faire se rencontrer des cultures différentes au sein d’un même orchestre pour construire une culture commune. (et cela grâce à l’intervention magistrale et efficace d’un ensemble d’artistes, eux-mêmes concernés par la multi culturalité). Il y a l’idée d’une connaissance mutuelle, d’un rapprochement, d’une découverte de l’autre, et d’une co construction. Rendre les gens (citoyens) actifs, c’est leur permettre d’en tirer un immense profit, celui de sa propre construction en tant qu’individu, celui de sa responsabilité en tant que membre d’un groupe. Tout cela a besoin d’être réfléchi, poussé, accompagné. « A Vaulx Jazz » a toujours eu cette volonté d’essaimer un esprit d’ouverture (l’esprit du jazz aussi), par une volonté d’éducation et d’émancipation. Le festival doit poursuivre cette démarche et créer toujours et encore des projets fédérateurs comme celui de la fanfare Fenlair.

Pour le plaisir de jouer sous la lune , dans les quartiers de la ville, comme cela nous est arrivé en juin dernier, et nourrir une poétique, aussi indispensable que l’air que nous respirons, une poétique qui fait que l’on se sent bien là où l’on est, qu’on a du plaisir à y vivre, en harmonie et dans le respect de tous. Couper le festival, c’est couper les quartiers de ses projets nourriciers. C’est défaire les liens qui se créent. C’est sacrifier l’essentiel au profit de quoi ? Qu’y a-t-il de plus important que le ciment qui nous unit ? Un festival comme « A Vaulx Jazz » doit être à la hauteur de cet objectif politique là.
Laurent Brun

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